LE PARFUM - 2ème partie
-N’oublions pas que l’odorat est le sens le plus apte à nous remémorer des personnes, des moments de vie, c’est un recueil précieux de nos souvenirs. Le bisou de Grand-Mère, votre plat préféré, le sillage de votre bien-aimé(e) …
Dès la préhistoire, on parlait de parfum, mais pas encore comme nous l’entendons aujourd’hui… On choisissait des essences d’arbres et de résine différentes pour parfumer les aliments que l’ont cuisait.
En Egypte, le ‘parfum’ était voué aux cultes religieux. Point question d’alcool dans ces préparations, on mélangeait des végétaux et des corps gras, des résines et des fleurs… Passionnés, ils ont vite inventé le moyen d’obtenir des encens, des baumes, des huiles parfumées. Le parfum représentait un hommage aux Dieux et un moyen de guérir ou de prévenir certains maux.
Les Grecs affectaient de prendre des bains parfumés quotidiennement avant et après les repas. Les parfums étaient alors conservés dans de grands vases ou de grandes urnes.
Les Romains, eux, malgré les réticences de Jules César, utilisaient principalement les parfums pour leurs vertus médicinales. Ils conservaient leurs parfums dans des fioles en verre.
Le monde islamique continua de développer l’art des parfums en inventant notamment l’alambic quand les occidentaux, avec les invasions barbares, ne s’en souciaient plus.
Au Moyen Age, on utilisât de nouveau les plantes pour faire reculer les épidémies et par mesure d’hygiène. Les croisés rapportèrent d’Orient les matières premières et la technique. Après les chinois et les arabes, les occidentaux découvrirent enfin la distillation et l’alcool éthylique. Le premier parfum à base d’alcool éthylique naquît sous le nom de L’eau de la Reine de Hongrie.
Le commerce des épices s’intensifiât ensuite grâce aux découvertes de Marco Polo. Venise devint alors la capitale du parfum. Les riches se paraient de boules odorantes pour se protéger des épidémies et des miasmes. Malgré la forte réprobation de l’Eglise et ses mises en garde, les jeunes couples découvrirent les notes sensuelles et envoûtantes des bains parfumés.
La Renaissance se souciait nettement moins d’hygiène. On pensait même alors que les eaux parfumées véhiculaient la peste…
Au XVIIème, Versailles imposait ses modes de vies et sa mode tout cour. Versailles donnait le ton : le Roi ne se lavait pas ! Alors on tentait de masquer les odeurs et la crasse sous des épaisseurs de maquillages et des essences puissantes et corsées, à base de musc et de civette. On en abusait ! On s’arrachait les gants parfumés et les alchimistes rivalisaient d’imagination pour créer des senteurs originales.
Le siècle des Lumières a vu la Cour de Louis XV et de sa femme, très éprise de mode, reprendre goût à l’hygiène. Les senteurs se sont faites plus douces, plus fleuries, plus légères. La Cour fut baptisée ‘la cour parfumée’. Il y était de rigueur de changer de parfum chaque jour. Tout respirait le parfum, la peau, les vêtements, les perruques, et on rapporte même que certains meubles dégageaient des effluves charmantes. On se parfume aussi à l’aide de vinaigres de toilette. Le vinaigre ayant cet avantage d’être désinfectant, les vinaigres de toilette seront très utilisés lors de l’épidémie de peste en 1720, notamment à Marseille où le Vinaigre des quatre voleurs fit fureur !
C’est à cette époque que Jean Antoine Farina rapporta de la ville de Cologne l’Eau du même nom. On l’utilisait dans le bain, sur du sucre, dans du vin, en bain de bouche, en piqûre, en cataplasme et même en lavement… ! L’Eau de Cologne fit donc sa petite révolution !
Les flacons eux aussi sont victimes de la mode ! C’était le verre et le cristal qui remportaient tous les suffrages avec l’apparition de Baccarat et du cristal de Saint-louis, encore très prisés de nos jours. Les orfèvres ne restèrent pas en ‘carafe’ et ils se mirent aussi à inventer des flacons en or et pierres précieuses.
1789 ce fut l’odeur de la poudre à canon qui fut en vogue…
Il fallut attendre l’Impératrice Joséphine pour voir revenir en force des parfums subtils dont elle était grande consommatrice, on l’appelait ‘la folle du musc’. Napoléon, lui, était connu pour abuser de l’Eau de Cologne. Mais c’est la légèreté et la discrétion qui fut de mise pour les femmes de l’époque Napoléonienne.
Paris s’est alors imposée comme la ville où se vendent tous les parfums et les premiers parfumeurs y firent leur entrée. Ils sont encore aujourd’hui parmi les plus connus de la planète.
Brillat Savarin, écrivain et gastronome, inventa le premier vaporisateur.
On commençât également à vendre des coffrets de toilette aux décors fleuris.
La fin du XIXème apporta les premiers parfums de synthèse. La naissance de la Bourgeoisie et de son ‘bon goût’ accentue l’organisation du commerce des parfums et le démarrage de leur industrie.
C’est la naissance de la parfumerie moderne.
Au XXème, la publicité, et donc l’emballage, prennent toute leur importance dans le développement du marché des senteurs. Le parfumeur et le verrier travaillent ensemble.
Un autre bouleversement se fait alors quand Paul Poiret, couturier de son état, décide de créer un parfum pour accompagner et mettre en valeur ses lignes de vêtements. Ce mouvement sera très suivi par la suite puisqu’on peut constater aujourd’hui que le monde du parfum est majoritairement occupé par les couturiers.
Les parfumeurs et les couturiers sont des hommes de goût, il faudra pourtant attendre les années 50 pour voir naître les premières eaux de toilette pour homme. Les premiers parfums masculins ne font leur apparition que dans les années 1970-80, quand on commence à dissocier parfum et après-rasage.
Dans les années 2000, le retour au cocooning, en marche depuis 15 ans, renvoie les parfumeurs vers les senteurs de la nature, marines, aquatiques, végétales, la recherche de la pureté ou de la purification ?

A vous d’inventer une suite à cette grande aventure parfumée… |